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Un candidat de MasterChef Maroc ouvre le premier restaurant arabe de Cantabrie

  • 23 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 mai

Nabil Bour-Qaiba a ouvert « La mano de Fátima » rue Lope de Vega à Santander le 13 juillet et reçoit depuis de nombreuses réservations.



L'histoire de Nabil Bour-Qaiba est digne d'un film hollywoodien. Non seulement parce qu'elle est pleine d'action et d'aventure, même si elle l'est sans doute, mais aussi parce qu'elle mérite d'être racontée. Né au Maroc il y a 35 ans, il est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants. Lorsque sa mère était absente, c'était lui qui nourrissait sa famille. On parle du petit Nabil, alors âgé de sept ans, qui savait déjà se débrouiller seul. L'homme qu'il est devenu – relativement connu dans son pays pour sa participation à MasterChef – vient d'ouvrir le premier restaurant arabe de Cantabrie : « La Mano de Fátima » (La Main de Fatima). Oui, en pleine pandémie mondiale. Qu'est-ce qui l'a amené là ? L'ingrédient le plus important : l'amour.


Entrer dans leur boutique, c'est comme découvrir une petite oasis au cœur du Sahara. Des tons pastel de la rue Lope de Vega à la palette multicolore du pays des contrastes, tout y est. L'odeur, la couleur, le service, la musique d'ambiance : tout évoque le Maroc.


Une fois à l'intérieur, le mieux est de ne pas choisir, mais de se laisser aller. Cet exercice de confiance s'appelle, dans sa forme la plus élégante, une « expérience gastronomique ». Autrement dit, emmener ses papilles vers des horizons inexplorés. Et c'est précisément le but du menu dégustation de Nabil. Servi sur un plateau d'or, il vous donne l'impression d'être un véritable maharajah et se compose de six entrées exceptionnelles (houmous, mutabal, muhammara, warak-inab, falafels et tzatziki), de deux plats principaux au choix et de deux desserts. Car il existe peu de situations où l'on découvre une autre culture aussi bien qu'à travers la gastronomie.


La tradition veut que le plat signature du chef, la « pastela », évoque l'hospitalité et le labeur – « Je reste éveillé jusqu'à cinq heures du matin à préparer la pâte », précise le chef – à travers une douceur. C'est trompeur, car ce n'est pas un dessert, même s'il contient de la cannelle et du sucre glace. Alors, qu'est-ce que c'est ? Les plus conventionnels parlent d'une « explosion de saveurs », alors qu'en réalité, c'est un coup de génie, déconseillé aux végétaliens. Pour eux, d'autres plats figurent à la carte, ainsi que des options pour les personnes allergiques aux noix et intolérantes au lactose, car, contrairement à certains autres restaurants, l'établissement de Nabil s'adresse à tous.



Derrière le menu « Main de Fatima » se cache une longue période d'apprentissage, dans des restaurants en Espagne, en Belgique et au Maroc, et plusieurs années à gérer avec un succès remarquable une chaîne YouTube gastronomique et une page Facebook (avec plus de 69 000 abonnés).


Sa vie n'a pas été un long fleuve tranquille. Ou peut-être que si, mais avec quelques embûches. Gagner sa vie dans un pays qui n'est pas (n'était pas) le sien l'a exposé à une discrimination systématique : « Ils ont été cruels. Avant même que j'ouvre mon restaurant, ils sont allés jusqu'à dire que la cuisine marocaine était dégoûtante », confie le chef à ce journal. Et pourtant, au restaurant de Nabil, l'expression « à s'en lécher les doigts » n'est pas qu'une simple figure de style. Bien au contraire, un goût persistant en bouche vous donne envie de vous lécher les babines, même plusieurs minutes après la dernière bouchée.


Son passage dans Masterchef

Certains traits de caractère se révèlent au fil d'une simple conversation. Par exemple, la maîtrise du sujet abordé. Chez Nabil, c'est aussi évident que son désir de plaire à ses invités. Ses connaissances culinaires sont remarquables ; sa formation est manifeste. Il en va de même dans ses interactions avec les médias ; il y est parfaitement à l'aise.



« Mon passage dans l'émission a confirmé ma passion pour la cuisine. J'ai toujours rêvé de devenir chef. Ce fut une expérience révélatrice qui m'a permis de croire en mon potentiel », confie-t-elle à propos de sa participation à Masterchef Maroc.


Pourquoi ce chef, qui pourrait travailler n'importe où, est-il en Cantabrie et pas ailleurs ? Parce que sa femme, Sara Fernández, et son fils Adam, sont originaires de Santander. Ainsi, grâce à ce heureux hasard, la Cantabrie compte un chef comme Nabil Bour-Qaiba dont l'unique ambition est de « changer le regard porté sur les musulmans par la cuisine ».

 
 
 

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